Présentation

jeudi 29 décembre 2016, par Admin

Si l’Afrique porte en elle l’espoir d’un avenir prometteur, elle doit l’être d’abord pour et par les peuples. L’Afrique colonisée, puis « ajustée » par de nombreux plans, ensuite délaissée et maintenant à nouveau convoitée, subit depuis plusieurs années un retour offensif des investisseurs et affairistes dans d’un monde néo libéral de plus aux mains des puissances financières et des multinationales. Attirées par une croissance prévisionnelle performante (4,4%), une démographie galopante avec des milliers de jeunes sans emplois et en parallèle l’essor d’une classe moyenne et plus, en forte progression, ces forces du libéralisme voient en l’Afrique le nouvel El Dorado. Cela au détriment des peuples et des pays englués dans des relations peu indépendantes et autonomes, le plus souvent corrompus avec la complicité de certaine élite nationale.
Ces états de fait se caractérisent :

  • Au niveau juridique :
    • Des lois foncières empreintes du libéralisme en ce qu’elles encouragent la titrisation au profit des opérateurs privés, de spéculateurs et au détriment des communautés et des biens communs.
    • Des lois sur les semences et sur la biosécurité qui privilégient les semences industrielles (hybrides et OGM) et criminalisent dans le même temps les semences paysannes.
  • Au niveau politique :
    • Gouvernance partisane et abus de pouvoir, d’influence, corruption pour accéder aux ressources naturelles (accaparements de milliers d’hectares pour l’agriculture industrielle, les mines, les forêts, les grands projets inutiles ; l’urbanisation chaotique) engendrant de nombreux conflits meurtriers et déstabilisant la cohésion sociale
    • Diktat sur la libre circulation des personnes avec la mise en place de nouvelles frontières administratives et policières
  • Au plan économique : Chantage et forcing pour faire signer des conventions iniques comme les APE ou accepter des programmes destructeurs comme la NASAN, SUN…
  • Au niveau social la répression accentuée autour des défenseurs des droits, des citoyen-nes, des communautés

Cette globalisation devenant de plus en plus dominante dépossède les Etats Africains de leur rôle de garant de l’équité et de justice sociale mais aussi compromet leur souveraineté. Les guerres avec la montée des groupes armées et des actions terroristes déstabilisent tous les jours un peu plus nos pays, ne faisant qu’aggraver la pauvreté, les inégalités et l’injustice. Le cas de la rébellion au nord du Mali avec en toile de fonds les extrémistes religieux (djihadistes) et celui du Nigeria avec Bokoharam en est un exemple patent. Aujourd’hui, on assiste à une ramification de ces deux cas dans le sahel jusqu’à la région des grands lacs. Cet état de fait a été un alibi pour les forces étrangères des pays du nord pour occuper le sahel et même la région des grands lacs avec une main mise sur les ressources minières de ces zones. Ces forces en profitent également pour étendre leur champ dans ces zones pour contrer la migration.

C’est dans ce contexte sombre que Bamako va abriter du 13 au 14 en janvier 2017 le 27e Sommet France-Afrique avec la présence d’une cinquantaine de chefs d’Etat et des responsables d’institutions internationales pays. Plus 35 milliards sera investis dans l’organisation de cet évènements de si peu de jours. Cela se passe dans une Afrique appauvrit tous les jours un peu plus où la majorité du peuple africains croupit dans une misère crescendo et où la plupart des jeunes vivent dans un chômage chronique.

Face à cette situation les peuples d‘Afrique résistent, se lèvent et s’organisent pour une Afrique de paix, de justice sociale et environnementale et de prospérité équitable et partagée. C’est dans cette optique que la Convergence Globale des luttes de la terre et de l’eau ouest africaine avec d’autres mouvements sociaux entendent organiser un sommet alternatif dénommé Sommet des peuples France Afrique « on n’est pas d’accord ».
Cette action fait suite à la caravane ouest africaine, droit à l’eau, à la terre et aux semences paysannes : une lutte commune, un évènement qui a mobilisé plus de 300 mouvements sociaux, organisations paysannes, associations venant de 13 pays, touchant plus de 10 000 personnes et de nombreuses autorités locales, nationales, régionales, en tant que CEDEAO des peuples autour d’une caravane en mars 2016.
Son objectif visait à mobiliser les populations et à mener un plaidoyer auprès des décideurs pour des législations foncière, semencières et plus largement autour des ressources naturelles et des politiques agricoles et publiques respectueuses des droits des peuples et non pour les élites et les investisseurs privés. En outre elle dénonçait la criminalisation des défenseurs des droits humains et des victimes de violation diverses dont les accaparements des terres.

C’est dans le même esprit de construire ensemble pour la paix et bien vivre ensemble dans la paix que la Convergence globale des luttes de la terre et de l’eau ouest africaine et autres mouvements sociaux se mobilise pour faire entendre sa voix lors du Sommet alternatif des peuples en contre poind au sommet Afrique France.

Objectif Général

  • Contribuer à construire ensemble des politiques publiques et de gouvernance pour une prospérité équitable et une paix durable en Afrique dans le cadre d’un dialogue politique

Objectifs spécifiques

  • Proposer des solutions visant à une répartition équitable des ressources, un accès sécurisé et adapté des services sociaux de base, une libre circulation des personnes et un emploi digne pour tous et toutes, gage de sécurité, de paix et donc prospérité ;
  • Renforcer le réseau de lutte et de proposition en Afrique de l’ouest ;
  • Etablir un dialogue politique avec les chefs d’Etats
  • Porter une déclaration commune des mouvements sociaux réunis en sommet des peuples « on n’est pas d’accord » ;

Résultats attendus

  • des solutions de politiques publiques visant à une répartition équitable des ressources, un accès sécurisé et adapté des services sociaux de base, une libre circulation des personnes et un emploi digne pour tous et toutes, gage de sécurité, de paix et donc prospérité sont proposées ;
  • le réseau de lutte et de force de proposition est renforcé en Afrique de l’ouest ;
  • un dialogue politique est engagé avec les chefs d’Etats
  • une déclaration commune des mouvements sociaux réunis en sommet des peuples, France Afrique « on n’est pas d’accord » est remis au sommet Afrique France ;

Axes thématiques et portage

Les débats se feront autour des axes thématiques suivants :

  • Foncier : Souveraineté alimentaire et changement climatique
  • Gouvernance économique et politique :
    • Les accords de libres échanges et autres programmes : APE, NASAN, les codes d’investissements, les accords de la Valette / le climat des affaires de la Banque mondiale, OMC…)
    • Alternance démocratique en Afrique
    • Monnaies et redevabilités
  • Jeunesse, femme et emploi
  • Sécurité :
    • Mobilité et Paix
    • Sécurité dans le sahel et la région des grands lacs enjeux et défis,

Les Participant-es :
Environ mille (1000) personnes de tout horizon (les universitaires, les ONG, les personnes ressources, les élus…) en priorisant les mouvements sociaux, de l’Afrique et de l’Europe, participeront au Sommet des Peuples : "France Afrique : on n’est pas d’accord". Sans compter la participation de certains partenaires et de la presse.

Lieu et date
Le sommet des peuples se déroulera les 10, 11, 12 janvier 2017 au Pyramide Souvenir à Bamako, Mali

Plateforme nationale CGLTE AO (CMAT, COASP, BEDE, COFERSA, ADDAD Mali…) Caritas/Tournons la page, Acord, FOSC, AME, Djéré ben/Maghreb Sahel, Bloc "debout sur la Françafrique", Ensemble nous sommes un peuple, MIRAU, GRDR, CIMAD,RAI, CAJAS, GPM

Avec l’Appui de CCFD - Terre Solidaire et de Pain pour le Prochain